Je photographiais la tour de Pise comme on emporte un souvenir de voyage. Une jeune femme s'est approchée de moi et m'a tendu son appareil. Elle souhaitait une photo d'elle devant la tour. J'ai accepté.
En lui rendant son appareil, je lui ai demandé si je pouvais, à mon tour, faire son portrait. Elle a souri. Un sourire lumineux, simple et entièrement offert à l'instant. On le voit encore sur la photographie.
Le temps de quelques images, deux inconnus ont partagé une brève parenthèse au milieu des voyageurs et des pierres anciennes. Puis elle est partie, et je me suis rendu compte, trop tard, que j'avais oublié de lui demander son nom.
Plus tard, en découvrant cette image, j'ai compris qu'il ne me restait d'elle qu'un regard, un sourire et la trace silencieuse d'une rencontre qui n'avait duré que quelques minutes, et qui s'était achevée sans que je connaisse son identité.
C'est pourquoi j'ai donné à cette photographie le titre : L'Inconnue de Pise.



