ChapitreII
II. LE PROJET ARTISTIQUE 2027
De l’enquête à la création
L’enquête photographique développée dans les chapitres précédents constitue le point de départ du projet artistique que je souhaite poursuivre en 2027.
Il ne s’agit pas simplement de produire de nouvelles photographies, mais de mettre à l’épreuve, dans de nouvelles situations, les questions qui traversent déjà mon travail : la perception du réel, le silence, la disparition, la mémoire, l’instabilité de l’image et la relation entre ce qui est photographié et ce que le spectateur croit reconnaître.
Pour cette nouvelle étape, je souhaite poursuivre cette recherche à travers deux territoires qui semblent, au premier regard, très différents : New York avec SHE LIBERTY et Venise avec VENISE IMAGINAIRE.
Ces deux séries partent pourtant d’un même principe : photographier un lieu réel, connu et déjà largement représenté, puis chercher à déplacer le regard porté sur celui-ci.
Dans SHE LIBERTY, un symbole mondialement identifiable peut devenir une présence lointaine, fragmentaire ou incertaine. Dans VENISE IMAGINAIRE, une ville connue pour ses images touristiques peut être réduite à des lignes, des formes, des ombres et des espaces silencieux.
Le projet 2027 cherchera ainsi moins à montrer davantage qu’à faire regarder autrement.
La photographie restera toujours liée à une réalité observée et capturée. Mais cette réalité pourra être transformée par la distance, le cadrage, la lumière, la réduction des informations visuelles ou encore par les particularités du processus photographique.
Le résultat recherché n’est donc pas une image qui impose une interprétation, mais une image qui crée un espace de doute, de mémoire et d’imagination.
Le spectateur devient alors une partie essentielle du projet. Ce qui m’intéresse est ce qui peut se produire entre l’image réelle que je produis et l’image que chacun reconstruit dans son propre regard.
Le projet artistique 2027 sera ainsi une nouvelle étape de l’enquête : produire des images, les confronter aux regards, observer ce qu’elles provoquent et laisser ces rencontres faire évoluer la recherche.
Je ne cherche donc pas à apporter une réponse définitive aux questions posées par mon travail. Je souhaite continuer à les mettre en mouvement à travers la photographie.
Le passage de l’enquête à la création ne marque pas la fin de la recherche. Il en constitue la prochaine expérience.
