VENETIA IMAGINARIS
Poèmes en latin et en français
01 — Le palais et ses ombres
Inter umbras palatii et fluctus silentes,
urbs vetusta respirat sicut somnium fractum.
urbs vetusta respirat sicut somnium fractum.
Entre les ombres du palais et les flots silencieux,
la ville ancienne respire comme un rêve brisé.
la ville ancienne respire comme un rêve brisé.
02 — La vision lointaine
Umbras et lucem mare confundit,
et urbs velut visio remota emergit.
et urbs velut visio remota emergit.
La mer mêle les ombres et la lumière,
et la ville surgit comme une vision lointaine.
et la ville surgit comme une vision lointaine.
03 — Pont suspendu
Pons tacitus super aquas pendet,
memoria quasi chordam invisibilem tendens.
memoria quasi chordam invisibilem tendens.
Le pont silencieux suspendu sur les eaux,
tend la mémoire comme une corde invisible.
tend la mémoire comme une corde invisible.
04 — Les gondoles immobiles
Naviculae inter stipites quiescunt,
ventum expectantes sicut amantes absentes.
ventum expectantes sicut amantes absentes.
Les barques reposent entre les pieux,
attendant le vent comme des amants absents.
attendant le vent comme des amants absents.
05 — Reflets du silence
Aqua non solum imagines servat,
sed etiam voces quae numquam dicta sunt.
sed etiam voces quae numquam dicta sunt.
L'eau ne garde pas seulement des images,
mais aussi des voix qui ne furent jamais prononcées.
mais aussi des voix qui ne furent jamais prononcées.
06 — La lagune infinie
Linea inter caelum et mare evanescit,
et spiritus in immensitate vagatur.
et spiritus in immensitate vagatur.
La ligne entre ciel et mer s'efface,
et l'esprit erre dans l'immensité.
et l'esprit erre dans l'immensité.
07 — Fenêtres muettes
Fenestrae clauduntur, sed oculi domorum vigilant.
Lapides ipsi spectatores sunt aeternitatis.
Lapides ipsi spectatores sunt aeternitatis.
Les fenêtres se ferment, mais les yeux des maisons veillent.
Les pierres elles-mêmes sont témoins de l'éternité.
Les pierres elles-mêmes sont témoins de l'éternité.
08 — Venise des songes
Non urbs est, sed visio fluctuum et nubium,
quae in corde peregrini figitur.
quae in corde peregrini figitur.
Ce n'est pas une ville, mais une vision d'ondes et de nuages,
qui s'ancre au cœur du voyageur.
qui s'ancre au cœur du voyageur.
09 — La nuit transparente
Tenebrae non celant, sed revelant.
In obscuro lumen verius invenitur.
In obscuro lumen verius invenitur.
Les ténèbres ne cachent pas, elles révèlent.
Dans l'obscurité se trouve une lumière plus vraie.
Dans l'obscurité se trouve une lumière plus vraie.
10 — Échos du passé
Clamor mercatorum, risus puerorum,
omnia in aere manent sicut umbrae.
omnia in aere manent sicut umbrae.
Les cris des marchands, les rires des enfants,
tout demeure dans l'air comme des ombres.
tout demeure dans l'air comme des ombres.
11 — Colonne et eau
Columnae ex aqua surgunt,
velut manus temporis quae urbem sustentant.
velut manus temporis quae urbem sustentant.
Les colonnes s'élèvent de l'eau,
comme les mains du temps soutenant la ville.
comme les mains du temps soutenant la ville.
12 — Brume sacrée
Nebula templum operit,
sed in silentio oratio ascendit.
sed in silentio oratio ascendit.
La brume recouvre le temple,
mais dans le silence la prière monte.
mais dans le silence la prière monte.
13 — La ville double
Urbs supra aquas, urbs sub aquis.
Veritas semper duplicem faciem ostendit.
Veritas semper duplicem faciem ostendit.
Une ville au-dessus de l'eau, une ville sous l'eau.
La vérité montre toujours un double visage.
La vérité montre toujours un double visage.
14 — Venise en suspens
Omnia interitum timent,
sed hic tempus ipse tardius fluit.
sed hic tempus ipse tardius fluit.
Tout craint la disparition,
mais ici le temps lui-même coule plus lentement.
mais ici le temps lui-même coule plus lentement.
15 — L'éternité vénitienne
Venetia non est locus, sed memoria.
Et memoria ipsa aeternitas est.
Et memoria ipsa aeternitas est.
Venise n'est pas un lieu, mais une mémoire.
Et la mémoire elle-même est éternité.
Et la mémoire elle-même est éternité.
