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SIX-20 — SÉRIE PHOTOGRAPHIQUE

BOSS,
J’AI RATÉ MES
PHOTOS DE NEW YORK


Rapport photographique
d’un échec parfaitement réussi.

New York est l’une des villes les plus photographiées du monde. Des millions d’images nettes, parfaites, reconnaissables. Moi, j’y arrive avec un appareil photo… et je rate.

BOSS — 01

Le premier rapport

Boss, j’ai un problème.

New York est la ville la plus photographiée du monde.

Des millions d’images nettes, parfaites, reconnaissables.

Moi, j’y arrive avec un appareil photo… et je rate.

New York — Le premier rapport
BOSS — 02

La ville refuse

Je demande à New York de me laisser faire une belle photo d’elle.

Elle refuse.

Et elle avait raison.

New York ne pose pour personne.

New York — La ville refuse
BOSS — 03

La mise au point

Boss, j’ai raté la mise au point.

Même les gratte-ciel se dédoublent quand je les photographie.

La ville refuse de rester sage.

Les lignes se cassent. Le chaos devient poésie.

Et c’est exactement ce que je voulais.

New York — La mise au point
BOSS — 04

La lumière

Boss, j’ai raté la lumière.

La ville brille quand même.

Les fantômes urbains apparaissent dans mes photos floues.

Le chaos urbain devient une peinture floue.

New York — La lumière
BOSS — 05

She Liberty

Boss…

Même la Statue de la Liberté refuse de rester nette.

She Liberty apparaît fragile et insaisissable, comme un souvenir qui refuse de se fixer.

Elle ne pose pas. Elle traverse l’image.

She Liberty — New York
BOSS — 06

Les rues

Boss, les rues deviennent des souvenirs flous, intenses, insaisissables.

Les couleurs se mélangent comme un rêve éveillé.

Les lumières deviennent floues.

Les rêves deviennent visibles.

New York — Les rues
BOSS — 07

Le hasard

Chaque photo ratée raconte ce que je n’avais pas prévu.

Le hasard devient artiste.

New York se moque de ma technique et j’adore ça.

New York — Le hasard
BOSS — 08

Le mouvement

Boss, je photographie des mouvements que personne ne remarque.

Des lignes qui glissent.

Des immeubles qui dansent.

Les rues bougent plus vite que mon appareil photo.

New York — Le mouvement
BOSS — 09

Je cours derrière

La ville s’échappe et je cours derrière mon appareil.

Chaque raté est un souvenir qui tremble.

Même les passants deviennent des fantômes charmants.

New York — Je cours derrière
BOSS — 10

La maladresse

Boss, le flou devient poétique.

La maladresse devient expression.

Des silhouettes se fondent dans le flou.

Mes erreurs commencent à devenir mes préférées.

New York — La maladresse
BOSS — 11

Les reflets

Boss, les reflets dans les vitres me racontent des histoires invisibles.

Les façades se mélangent.

Les reflets deviennent des tableaux abstraits.

Le réel ne tient plus très bien dans le cadre.

New York — Les reflets
BOSS — 12

Les lumières

Les lumières floues me racontent des histoires invisibles.

Les panneaux lumineux explosent dans mes images.

Tout est noir et blanc.

Pourtant, je continue de voir les couleurs.

New York — Les lumières
BOSS — 13

Le moment parfait

Boss, je rate le moment parfait.

Et je le capture quand même.

Chaque image est une rencontre avec l’imprévisible.

Je rate. Je tente. Je regarde. Je souris.

New York — Le moment parfait
BOSS — 14

Le cadrage involontaire

Chaque pas dans la ville crée un nouveau cadrage involontaire.

Je ne cherche plus forcément le bon cadre.

Je laisse la ville décider.

Et parfois elle fait mieux que moi.

New York — Le cadrage involontaire
BOSS — 15

La pluie

Boss, la pluie transforme les rues en toiles impressionnistes.

Les silhouettes se fondent dans le flou.

La ville est vivante et rebelle, même dans mes ratés.

New York — La pluie
BOSS — 16

Mon appareil

Mon appareil n’est pas parfait.

Moi non plus.

Les monuments se dédoublent, mais restent reconnaissables… ou pas.

Et c’est parfait.

New York — Mon appareil
BOSS — 17

She Liberty ne se fixe pas

Boss, je capture She Liberty qui refuse de se figer.

Les ratés deviennent l’essence même du souvenir.

Elle traverse l’image, libre même du regard.

She Liberty — Ne se fixe pas
BOSS — 18

L’erreur

Le hasard, l’erreur, le flou… font toute la beauté de mes images.

Je croyais chercher une photographie.

J’ai trouvé autre chose.

Quelque chose que je n’avais pas prévu.

New York — L’erreur
BOSS — 19

Les passants

Boss, même les passants deviennent des fantômes.

Ils apparaissent. Ils disparaissent.

Je ne les photographie pas vraiment.

Je photographie leur passage.

New York — Les passants
BOSS — 20

La composition

Boss, j’ai raté la composition.

Les lignes partent dans tous les sens.

Les bâtiments se penchent.

Et c’est exactement ce qu’il fallait.

New York — La composition
BOSS — 21

Manhattan

Même le béton de New York devient poétique dans le flou.

Manhattan en noir et blanc s’étire dans mes clichés ratés.

Les gratte-ciel deviennent presque des souvenirs.

Manhattan — Noir et blanc
BOSS — 22

Les panneaux

Boss, même les panneaux publicitaires refusent de rester droits.

Les lignes vibrent.

Les lumières débordent.

Même le chaos devient ordonné à travers mes ratés.

New York — Les panneaux
BOSS — 23

Encore un raté

Boss, mes photos ratées racontent ce que je n’avais pas prévu.

Je voulais photographier New York.

J’ai photographié une sensation.

Peut-être que c’est mieux.

New York — Encore un raté
BOSS — 24

La ville vivante

La ville est vivante.

Elle bouge. Elle tremble. Elle échappe au cadre.

Elle refuse de rester tranquille devant mon appareil.

Et je commence à aimer ça.

New York — La ville vivante
BOSS — 25

Je ne maîtrise plus

Boss, je crois que je ne maîtrise plus vraiment mes images.

Je déclenche.

Quelque chose arrive.

Puis je découvre ce que j’ai photographié.

Le hasard travaille avec moi.

New York — Je ne maîtrise plus
BOSS — 26

Le souvenir

Un souvenir n’est jamais parfaitement net.

Il manque quelque chose.

Une lumière. Un visage. Un mouvement. Un morceau de temps.

Mes photographies ressemblent peut-être à mes souvenirs.

New York — Le souvenir
BOSS — 27

La ville dans ma mémoire

Boss, peut-être que je ne photographie plus vraiment New York.

Je photographie New York telle qu’elle restera dans ma mémoire.

Instable. Fragmentée. Tremblante.

Vivante.

New York — La ville dans ma mémoire
BOSS — 28

La liberté

Boss, même She Liberty refuse de rester immobile.

Elle se dédouble. Elle tremble. Elle disparaît presque.

Mais elle est toujours là.

Peut-être que c’est ça, être libre.

She Liberty — La liberté
BOSS — 29

Mes préférées

Boss, tu sais quelles sont mes photos préférées ?

Celles que je pensais avoir ratées.

Celles que j’aurais probablement supprimées autrefois.

Aujourd’hui, ce sont celles que je garde.

New York — Mes photos préférées
BOSS — 30

L’échec

Boss, je pensais que l’échec était l’absence de réussite.

Maintenant je me demande s’il ne peut pas être une forme de liberté.

Quand tout est raté, je n’ai plus rien à contrôler.

Et alors quelque chose apparaît.

New York — L’échec
BOSS — 31

Le hasard devient artiste

Boss, je n’ai pas programmé ces dédoublements.

Je n’ai pas demandé à ces lignes de bouger.

Je n’ai pas demandé à cette lumière de trembler.

Le hasard est entré dans mon appareil.

New York — Le hasard devient artiste
BOSS — 32

Je crois que j’ai compris

Boss, je crois que j’ai compris.

Je ne suis pas obligé de photographier New York comme tout le monde.

Je peux la laisser bouger.

Je peux la laisser m’échapper.

Je peux même la rater.

New York — Je crois que j’ai compris
BOSS — 33

Je n’ai pas raté

Boss…

Je crois que je n’ai pas raté.

J’ai simplement photographié quelque chose que je ne cherchais pas.

Quelque chose d’imprévisible.

Et c’est peut-être ça, photographier.

New York — Je n’ai pas raté
BOSS — 34

New York ne pose pas

New York refuse de poser.

Elle refuse d’être parfaite.

Elle refuse même parfois d’être reconnaissable.

Et c’est magnifique.

New York — Ne pose pas
BOSS — 35

Le dernier rapport

Boss, mes erreurs deviennent mes préférées.

Je rate le moment parfait. Et je le capture quand même.

Je rate la lumière. Je rate la composition. Je rate la mise au point.

Mais quelque chose reste.

New York — Le dernier rapport

RAPPORT FINAL

Boss,
je n’ai pas raté New York.

J’ai juste raté mes photos…

Et c’est exactement pour ça
qu’elles existent.


BOSS, J’AI RATÉ MES PHOTOS DE NEW YORK

SIX-20

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