Sorry Boss, j’ai raté mes photos de New York est un projet d’installation immersive qui interroge le statut contemporain de l’image à l’ère de la haute définition et de la circulation numérique intensive.
Développé depuis la Suisse, le projet s’inscrit dans une pratique artistique attentive aux transformations actuelles du regard. Dans un contexte marqué par la standardisation visuelle, la performance esthétique et la production continue d’images, il propose un déplacement : faire du flou, de l’instabilité et de l’imperfection un langage artistique assumé.
À l’origine, une série photographique réalisée à New York et perçue comme un échec technique. Cette situation devient le point de départ d’une recherche sur l’impossibilité de saisir une ville saturée d’images. Plutôt que de corriger l’erreur, le projet la considère comme un révélateur critique du régime visuel contemporain.
L’installation combine projections monumentales, environnement sonore urbain et intégration textuelle dans l’espace. Le spectateur n’est pas placé face à une image stable ; il traverse un champ visuel instable où la netteté cesse d’être une norme implicite. Le dispositif spatial ralentit le regard et introduit une expérience perceptive alternative.
La démarche s’inscrit dans une réflexion plus large sur la production et la réception des images à l’ère numérique. Elle contribue au débat artistique contemporain autour de la saturation iconographique, de l’économie de l’attention et des formes immersives émergentes.
Le projet constitue une étape structurante dans le développement professionnel de l’artiste. Il vise une première production en Suisse, suivie d’une diffusion nationale puis internationale dans des centres d’art et festivals dédiés aux pratiques immersives et interdisciplinaires.
Un soutien de Pro Helvetia serait déterminant pour consolider la phase de développement artistique et technique, garantir une production immersive de haute qualité, renforcer la mise en réseau internationale et contribuer à la visibilité d’une pratique artistique suisse dans le champ de l’installation immersive contemporaine.
À travers ce projet, il ne s’agit pas uniquement de transformer un échec en œuvre, mais d’ouvrir un espace critique où l’image peut redevenir fragile, incertaine et expérimentale.